La brochure «Hey You», distribuée par dizaines de milliers en Suisse, vise expressément les enfants dès 12 ans. Elle leur donne des conseils de masturbation, des instructions pour l’utilisation de sex toys et les expose à des illustrations de godes-ceintures. Il s’agit là d’une incitation illicite à des actes sexuels par des enfants. L’Association Initiative de protection rassemble des témoignages de parents dont les enfants ont été exposés à cette sulfureuse «brochure porno» (NZZ).

Ce que l’Association a déjà entrepris
En déposant une plainte pénale le 10 novembre 2022, l’Association a expliqué en détail que la brochure «Hey You» va clairement au-delà d’une mesure raisonnable d’éducation sexuelle et représente une incitation illicite à des actes sexuels par des enfants.

Le Ministère public de Berne-Mittelland a refusé d’entrer en matière, approche que la Cour suprême du canton de Berne a ultérieurement confirmée. Il a expliqué cette décision principalement par le fait que l’Association Initiative de protection – l’auteur de la plainte – n’a pas qualité de partie, autrement dit, n’est pas habilitée à déposer plainte.

Les parents peuvent intervenir en soutien
L’Association Initiative de protection est désormais très intéressée à recevoir des témoignages de familles dont les enfants ont été exposés à cette brochure. Passant en revue un nombre important de courriers, elle réfléchira aux étapes suivantes. Pour les parents souhaitant appuyer cette action, toute information fournie sera évidemment traitée avec la plus grande confidentialité. En réponse à leur témoignage, ils obtiendront notamment une brève évaluation des faits par le conseiller de l’Association et, si nécessaire et souhaité, de la part de professionnels ayant une formation psychologique.

Cette «brochure porno» dangereuse pour les enfants mine la confiance dans les écoles publiques. L’Association Initiative de protection réclame donc son retrait et sa destruction.

Appel aux pères et aux mères
Contactez l’Association Initiative de protection si votre enfant a été confronté à cette brochure. L’âge de votre enfant doit se situer entre 11 et environ 14 ans.

Association Initiative de protection
Case postale
4142 Münchenstein
E-mail: info@initiative-de-protection.ch

Andreas Gafner
conseiller national / BE

C’était le début de la session de printemps, je dirigeais, comme d’habitude, de la gare de Berne vers le Palais fédéral, où les Chambres fédérales siègent. À
un arrêt de bus, j’ai observé une scène devenue courante: des enfants assis sur un banc, attendant le bus, la tête inclinée, les yeux rivés sur leur smartphone.

Autrefois, lors de notre enfance et de notre adolescence, nous bavardions de tout: de la sévérité de nos enseignants, de la nouvelle mode ou de la personne dont nous étions amoureux. Bref, tout ce qui allait avec cet âge. Mais aujourd’hui, les jeunes ne dialoguent plus face à face, ils ont le regard figé sur leur écran rectangulaire. Et il se pourrait bien que les jeunes, s’ils se côtoient, parlent en fait de leur smartphone…

Ils passent de plus en plus d’heures sur les médias sociaux et ont de moins en moins de temps pour des contacts sociaux réels. L’invasion du numérique à un jeune âge est-elle un danger pour nos enfants? Je me suis souvent posé cette question, que des experts ont aussi abordée, comme le chercheur allemand Manfred Spitzer, spécialiste du cerveau, selon qui le smartphone «abrutit» nos enfants et les rend «malades et dépendants».

Quels sont ces dangers, concrètement? Un thème important est le cybermobbing, c’est-à-dire le harcèlement, l’insulte, la diffamation et l’intimidation par des gens du même âge sur les médias sociaux et dans des messageries comme WhatsApp, Telegram et d’autres. Les enfants et les adolescents sont facilement victimes de cybermobbing, avec de graves conséquences possibles pour l’équilibre psychique.

De nombreux enfants et adolescents en savent trop peu sur la protection des données. Ils partagent volontiers des informations personnelles et des images qui risquent de se retrouver très vite dans de mauvaises mains.

Autre grand danger: la disponibilité permanente des smartphones, qui peut entraîner une dépendance à l’égard des contenus numériques. Résultat: troubles du sommeil, manque de concentration à l’école et isolement social.

L’étude «Adele+», réalisée en 2020 par l’observatoire suisse de la santé, présente les conclusions suivantes: plus les enfants en âge préscolaire passent quotidiennement du temps devant un écran, plus ils risquent d’avoir des troubles du sommeil. Selon les auteurs, un sommeil suffisant et non perturbé est important pour le développement d’un enfant. Il apparaît aussi que de longues heures d’écran sont de plus en plus souvent liées au surpoids ou aux rondeurs corporelles.

Mais la santé physique n’est pas l’unique danger: la pression d’avoir un look parfait ou de satisfaire à certaines normes dans les médias sociaux peut entraîner, chez les enfants et les adolescents, la dévalorisation de soi et un risque accru de problèmes psychiques tels que la dépression ou l’anxiété.

Le thème de la numérisation précoce n’a pas encore eu d’écho auprès de la Berne fédérale, sauf dans quelques rares interventions parlementaires. Mais un rapport du Conseil fédéral1 d’octobre dernier permet un certain espoir. Selon ce texte, l’Office fédéral de la santé publique tiendra compte des conséquences de la numérisation précoce lors de la révision du plan de mesures 2025-2028 pour le renforcement de la stratégie nationale sur les addictions. Nous attendons avec impatience le résultat, car selon les spécialistes, l’essentiel est de sensibiliser et d’informer les parents concernant ces dangers.

Andreas Gafner, conseiller national / BE

1 Rapport: «Renforcer la Stratégie nationale Addictions en incluant la cyberdépendance»

À Davos, des experts de renommée internationale en médecine, en psychologie et en droit, s’exprimant lors d’un événement parallèle au forum économique mondial (WEF), ont sonné l’alarme en janvier 2024. Lancée à Davos, leur campagne Human Change1 vise à exposer au public mondial les risques posés par les smartphones et les médias sociaux pour la santé physique et psychique des enfants et des adolescents. L’Association Initiative de protection était présente à Davos et s’est entretenue avec des experts sur place.

Des études montrent que depuis 2012, avec l’avènement des smartphones et des réseaux sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat et WhatsApp), le nombre de jeunes femmes souffrant d’anxiété, de dépression, d’une faible estime de soi et de blessures affectives pouvant même entraîner le suicide, s’est notablement accru.

En 2021, Frances Haugen, ancienne gestionnaire de produits Facebook et lanceuse d’alerte2, a publiquement dévoilé que Facebook était parfaitement conscient de sa nocivité en admettant: «Facebook place le profit avant la sécurité».

USA: des parents en deuil de leurs enfants
Fin janvier 2024, Mark Zuckerberg, CEO de Meta (notamment Facebook, Instagram, WhatsApp)3, a dû comparaître devant le comité de justice du Sénat américain, de même que les CEO de TikTok, Snapchat et X (ex-Twitter). Les auditions ont commencé avec les déclarations enregistrées de parents affirmant que leurs enfants étaient exploités dans les médias sociaux. Pendant cet événement de plusieursheures, les parents ayant perdu un enfant par suicide tenaient à bout de bras de grandes photos de leurs enfants décédés. Et une mère montrait comment sa fille était tombée dans un «trou noir rempli de contenus dangereux» après avoir regardé des vidéos TikTok et Instagram sur le sport et une alimentation saine. En quelques semaines, sa fille était devenue anorexique et avait failli mourir.

Les enfants ne consomment pas seulement des contenus néfastes pour le corps, mais aussi de la pornographie et de la violence. Et de plus en plus de jeunes sont victimes de cybermobbing4 ou de sextorsion5.

Mi-février 2024, le maire de la ville de New York, Eric Adams, ancien fonctionnaire de police, a déposé plainte contre Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat et YouTube. Selon lui, ces plateformes promeuvent l’insécurité, rendent dépendant et mettent en danger la santé psychique des enfants, ceux-ci étant sans cesse exposés à des contenus néfastes.

Il faut proclamer l’état d’urgence
À Davos, la professeure de droit Gaia Bernstein6, du New Jersey, a accusé les responsables de ces plateformes non seulement d’être trop passifs face à la dépendance de l’Internet, mais de la promouvoir. Seule une réglementation gouvernementale permettrait de brider ces géants de l’Internet, comme pour l’industrie du tabac, qui n’avait cédé qu’après des dizaines d’années de lutte. En fait, l’OMS devrait proclamer l’état d’urgence comme elle l’avait fait pour le Covid-19.

Le Dr Mitch Prinstein, scientifique et directeur de l’Association américaine des psychologues7, a mentionné de très récentes études montrant que l’utilisation de technologie et de médias sociaux entraîne des modifications structurelles du développement du cerveau, autrement dit, que la taille et les propriétés physiques du cerveau sont modifiées.

La médecin-chef en psychiatrie de l’hôpital pour enfants de Boston, Massachusetts, la Dr Stacy Drury, a elle aussi mentionné les conséquences graves du manque de sommeil dans les situations où des enfants peuvent emmener leur smartphone dans leur chambre.

Quant au Dr Michael Rich, directeur du Digital Wellness Lab à Boston, il a illustré les résultats d’une utilisation extrême d’un smartphone: certains enfants parcourent avec leurs doigts sur l’écran du smartphone une plus grande distance qu’en se déplaçant à pied – 1,3 mile par jour!

Flux de dopamine dans le cerveau
Les toxicologues mettent en garde depuis longtemps contre les soudains flux de dopamine dans le cerveau (et leurs conséquences) provoqué par la prise en main d’un smartphone. Le nombre de fois où un smartphone est saisi est également alarmant, selon une étude menée par le Dr Mitch Prinstein. Les adolescents en sixième classe prennent en main leur téléphone en moyenne 100 à 400 fois – par jour! En nombre d’heures, ce chiffre représente en moyenne 8,2 heures, certains jeunes dépassant nettement cette durée!8

Pour le psychologue clinique et toxicologue James H. Winston, qui possède son propre cabinet à Miami Beach, en Floride, le potentiel addictif est tout simplement trop élevé. Il faudrait secouer les parents. Ces derniers ne donnent certainement pas de cocaïne à leurs enfants! Et personne n’installe une machine à sous dans la chambre de leur enfant. Le Dr Winston déconseille de donner un smartphone aux enfants avant l’âge de 14 ans. Son fils, présent au WEF à Davos, a constaté qu’il avait survécu à cette attente. Aujourd’hui, il se dit même reconnaissant envers son père. Il avait, à cette époque, acheté un appareil photo et s’était lancé dans la photo, occupation qui est devenue, dans l’intervalle, son hobby le plus important.

Recommandations de l’Association Initiative de protection

Smartphone

  • Ne donner en aucun cas un smartphone à un jeune de moins de 14 ans.
  • Jusqu’à 16 ans, les parents doivent diriger et contrôler de près les contenus accessibles aux jeunes.
  • Au plus tard à 20h00, les jeunes doivent remettre leur smartphone aux parents, qui placent l’appareil hors de la chambre.
  • Lors des repas, pas de smartphone placé sur la table.
  • Les parents donnent l’exemple en matière d‘utilisation.
  • Les jeux de société, la musique ou le sport remplacent le geste de prise en main d’un appareil électronique.

Médias sociaux

Jusqu’à l’âge de 16 ans au minimum, il convient de tenir les enfants à distance des médias sociaux tels que Instagram, Snapchat, TikTok, mais aussi WhatsApp, etc.

1 humanchange.com; y compris des vidéos des débats avec les intervenants.
2 Lanceur d’alerte: individu qui expose publiquement les irrégularités commises à son lieu de travail
3 Meta, autrefois le groupe Facebook, est une entreprise américaine basée en Californie. Les réseaux sociaux Facebook, Instagram et le service de messagerie WhatsApp en font partie.
4 Cybermobbing: harcèlement et diffamation de personnes sur Internet.
5 Sextortion: méthode de chantage par laquelle une personne est mise sous pression au moyen d’images ou de vidéos la montrant nue ou commentant un acte sexuel.
6 Prof. Gaia Bernstein: experte en droit de la protection des données et co-directrice du Gibbons Institute pour le droit, la science et la technologie,Seton Hall University, New Jersey/USA.
7 American Psychological Association APA, apa.org
8 https://www.apaservices.org/advocacy/news/testimony-prinstein-protecting-children-online.pdf

Ces dernières semaines, plusieurs parents révoltés ont rapporté à l’Association Initiative de protection l’enseignement d’une «éducation sexuelle» provocante dans les écoles de leurs enfants. Les critiques concernent surtout une association dénommée «Achtung Liebe» (attention amour). Des individus sans formation pédagogique expliquent à des écoliers des pratiques sexuelles «créatives», violant ainsi la pudeur de ces derniers.

L’Association «Achtung Liebe» est, selon ses propres informations, une organisation à but non lucratif ayant des antennes locales dans les universités de Bâle, Berne et Zurich. Tout étudiant de toute discipline et «motivé» peut
collaborer à l’association. «Initiative de protection – actualité» a soumis l’approche d’«Achtung Liebe» au professeur et expert réputé Jakob Pastötter, président de la Société allemande de recherche scientifique en sexologie, afin d’obtenir son avis. Son verdict est absolument négatif.

Violation des limites personnelles
Le prof. Pastötter relève tout d’abord le fait que les enfants ne sont pas capables de discernement, n’ont pas assez de recul et sont contraints de subir ces ateliers sur le sexe sans pouvoir s’y opposer. Les enseignants sont exclus des classes et les parents ne sont pas ou très vaguement informés. On assure aux enfants qu’ils se trouveront dans un espace sécurisé d’où rien ne filtrera vers l’extérieur. Une fois la porte de la salle de classe fermée, ces «éducateurs sexuels» sans formation ont alors carte blanche. Sans mise en garde, ils exposent les enfants à un langage pornographique et à un jargon d’adolescents, et parlent de sujets très intimes ressentis comme étant agressifs et humiliants. Selon le prof. Pastötter, c’est une approche extrêmement douteuse du point de vue pédagogique et psychologique. C’est une violation grave des limites personnelles. Le développement et la maturité des écoliers au sein d’une classe ne sont pas homogènes. Mais on postule néanmoins une «normalité» et une homogénéité dans toute la classe.

Purement idéologique, non scientifique
«Achtung Liebe» inculque aux enfants la dangereuse éducation sexuelle dite «intégrale» ou «holistique» (CSE)1 de l’OMS et les prétendus «droits sexuels» de l’IPPF3.

Cette idéologie sexuelle est fondée sur l’expression libre du plaisir sexuel dès la naissance. Autrement dit, tous les enfants ont le droit d’être instruits concernant les actes sexuels avec eux-mêmes et avec autrui! Il faut accorder ce droit à tous les enfants et adolescents, sans exception. «Achtung Liebe» propage ouvertement «la formation sexuelle», la «priorité au plaisir», l’orientation «féministe» et les interventions de «personnes LGBTQIA+*». Impossible d’être plus à fond dans l’idéologie! Mais: nulle trace d’amour véritable, de responsabilité, de famille ou de fidélité.

«Achtung Liebe» prétend diffuser des «informations scientifiquement établies». Selon le prof. Jakob Pastötter, cette association se pare d’un vernis scientifique illusoire et infondé servant uniquement les visées de ces idéologues. Les termes «éducation sexuelle» et «holistique» reflètent leur «délire d’accomplissement, mégalomanie, tyrannie absolue et manipulation psychologique». Faute d’études corroborant leurs affirmations, il est impossible d’étayer ces formes d’éducation sexuelle par la science. Il n’existe strictement aucune étude de longue durée à ce sujet.

Le prof. Pastötter rejette catégoriquement que «des adultes non qualifiés puissent bénéficier d’un passe-droit et se présenter face à des enfants et des adolescents pour les instruire concernant les choses les plus intimes qui soient et pour orienter cette intimité par la coercition dans une direction particulière». Si l’on examine les affirmations de ces éducateurs sexuels sous un «angle analytique», on est «choqué par l’aspect non scientifique de cette prétendue science» qui, selon le prof. Pastötter, n’est que de la «poudre aux yeux».

Il est important de présenter les faits véritables en fonction de l’âge, mais «allumer un feu d’artifice avec pour seul but l’imposition d’une idéologie est, au mieux, un non-sens, et au pire, l’acte d’un pyromane à l’égard des individus concernés et de l’ensemble de la société», affirme le prof. Pastötter. Ce n’est sans raison que la sexualité a toujours été encadrée par des normes et des prescriptions. Autrement, «elle se transforme en une sexualité prédatrice intéressée uniquement par l’autosatisfaction».

«Sans mise en garde, ils exposent les enfants à un langage pornographique et à un jargon d’adolescents, et parlent de sujets très intimes ressentis comme étant agressifs et humiliants»

Pourquoi nous, parents, permettons-nous cela?
La question se pose à nouveau: «Pourquoi, en tant que société, permettons-nous que des individus animés de motivations extrêmement douteuses et sans connaissances fondamentales sur la sexualité aient accès à des classes d’école» et soient même payés pour présenter «leurs délires»? Certes, leurs élucubrations remplissent les heures d’enseignement, mais «sont dépourvues de toute légitimation scientifique». Et le prof. Pastötter de conclure qu’une telle attitude n’est autre que du mépris pour l’humanité.

1 CSE: Comprehensive Sexuality Education
3 IPPF: International Planned Parenthood Federation

Certaines thérapies seront-elles bientôt criminalisées?
Andrea Geissbühler
ancienne conseillère nationale Bäriswil (BE)

En été 2022, mes collègues du Palais fédéral à Berne ont reçu un volumineux courrier provenant de Bâle-Ville, intitulé «Interdiction des thérapies de conversion en Suisse» et qui contenait le texte d’une initiative cantonale acceptée par le Grand Conseil de Bâle-Ville.

Cette initiative le doit à un ancien parlementaire cantonal qui, selon ses propres informations, s’engage depuis 2005 auprès de la plateforme GayBasel «pour une culture queer dans la région bâloise». Ou, en clair: fait du lobbyisme pour la communauté LGBTQ.

L’initiative déposée par Bâle-Ville appelle à interdire les «thérapies de conversion» au niveau national et vise à ce que les thérapeutes et les ministères pastoraux soient bloqués par une interdiction d’exercer leur profession. Selon les auteurs de l’initiative, les thérapies de conversion sont des «thérapies psychologiques visant à ‹repolariser› les tendances homosexuelles d’une personne vers l’hétérosexualité ou de changer l’identité sexuelle des personnes concernées».

L’expression «thérapie de conversion» est une notion volontairement confuse qui rend impossible tout débat à ce sujet sur la base de faits scientifiques.

Si l’«autodétermination sexuelle» prônée par le lobby LGBTQ doit devenir une référence, alors il est impératif de rejeter l’interdiction des «thérapies de conversion». En effet, une telle interdiction serait complètement contraire aux droits fondamentaux constitutionnels comme le droit à la liberté personnelle (art. 10), de conscience et de croyance (art. 15), d’opinion et d’information (art. 16). De plus, son application serait arbitraire, car qui effectuerait les contrôles, et qui déciderait de ce qui est interdit, et à quel moment? En raison du flou entourant cette notion, les thérapeutes et les ministères pastoraux devraient à tout moment craindre une interdiction d’exercer, les empêchant ainsi de soigner ou de conseiller les patients. Concrètement, conseiller un adolescent insécurisé à propos de sa sexualité pourrait être assimilé à une «thérapie de conversion» et passible de poursuites légales. Bien entendu, il est important que chacun puisse à tout moment entamer une thérapie et l’interrompre à son gré.

Bâle-Ville n’est de loin pas le seul canton qui réclame l’interdiction des «thérapies de conversion» au niveau national: dans le canton de Zurich, une motion dans ce sens a été acceptée au Grand Conseil ce mois-ci, malgré l’opposition du PLR, de l’UDC et de l’UDF. Il serait pourtant bien plus judicieux que des individus mal assurés dans leur identité sexuelle puissent continuer à être conseillés en toute transparence, sans être immédiatement confrontés à l’épouvantail d’une «thérapie de conversion» brandi devant eux.

Mais les ardents lobbyistes LGBTQ qui défendent cette idéologie au mépris de toute base scientifique n’en sont pas à une contradiction près: en effet, pourquoi faudrait-il, compte tenu de l’augmentation incessante des primes, que les caisses-maladies payent les coûteuses opérations de changement de sexe, qui sont extrêmement invasives pour l’intégrité physique d’une personne, alors que les consultations professionnelles par des thérapeutes et des ministères pastoraux pour les individus en quête d’aide seraient interdites?

Le Conseil des États, lors de sa récente session d’automne, a donné un signal clair en refusant cette interdiction anticonstitutionnelle des «thérapies de conversion». Il appartient désormais à mes collègues du National d’emboîter le pas au Conseil des États et de refuser clairement cette initiative cantonale.

Andrea Geissbühler, ancienne conseillère nationale,
présidente de l’Association Initiative de protection, Bäriswil (BE)

Les enfants sont exposés à l’idéologie transgenre dès qu’ils ont l’âge de fréquenter une crèche, où on leur inculque qu’ils peuvent faire partie de «l’autre sexe». Quand, devenus adolescents, ils pensent pouvoir se libérer de leurs problèmes de puberté en changeant de sexe, se pose la question des conséquences d’un tel changement, suavement qualifié de «réassignation sexuelle».

«Si l’on considère le nombre d’étapes chirurgicales (voir encadré), on découvre pourquoi il n’existe, à ce jour, aucune étude qui s’intéresse aux effets secondaires indésirables chez les jeunes personnes», déclare le prof. Jakob Pastötter1, interrogé par «Initiative de protection – Actualités». De nombreuses questions restent à clarifier, p. ex concernant le mode opératoire ou la réalité postopératoire vécue (conséquences physiques et psychologiques directes).

Au nombre de ces répercussions figurent un bon nombre de problèmes. Ainsi, la guérison post-chirurgicale peut être longue et difficile. Et les conséquences d’une telle opération ne sont pas toujours anodines: par exemple des infections et des saignements continuels. Citons aussi les problèmes de vessie et une fonction sexuelle altérée.

Le prof. Jakob Pastötter déclare également que «l’establishment médical n’est pas intéressé par certaines questions dérangeantes pour son modèle d’affaires». Et d’ajouter: on a préféré publier et mettre en avant les résultats qui présentent les mesures de changement de sexe sous un angle positif.

Il serait très préoccupant si les services de santé officiels décidaient d’appliquer les nouvelles directives de la World Professional Association for Transgender Health (WPATH). Car des propositions ont récemment été faites visant à supprimer la limite d’âge pour les jeunes voulant changer de sexe. Le texte proposé actuellement prévoit encore une limite d’âge à 17 ans.

Opérations de féminisation

  •  Augmentation mammaire avec ajout d’implants
  •  Féminisation du visage – modification des traits du visage
  •  Chirurgie vocale – raccourcissement des cordes vocales pour une voix plus aiguë et féminine
  •  Rasage des voies respiratoires – diminution de la pomme d’Adam
  •  Ablation des testicules
  •  Ablation/modification du pénis en une sorte de vulve avec formation d’un canal vaginal et raccourcissement de l’urètre
  • > Complications postopératoires
  • > Prise d’hormones avant et après l’opération, avec éventuellement de lourdes séquelles physiques et psychiques.

Opérations de masculinisation

  • Ablation des seins (mastectomie)
  •  Retrait de l’utérus et des ovaires
  •  Retrait du vagin et modélisation d’un pénis (phalloplastie à l’aide de tissus des bras ou des cuisses) et prolongement de l’urètre
  • > Complications postopératoires
  • > Prise d’hormones avant et après l’opération, avec éventuellement de lourdes séquelles physiques et psychiques.

Coût financier de l‘opération

  • Entre 25’000 et 100’000 francs
  • Prise postopératoire de médicaments à vie, notamment des hormones, non prise en compte

Selon l’Office fédéral de la statistique, le nombre d’opérations de changement de sexe effectuées
chaque année en Suisse a doublé en trois ans pour atteindre 525 (2022).

1 Professeur (US) et médecin Jakob Pastötter, sexologue et anthropologue culturel, président de la Société allemande pour la sexologie et la science sociale (DGSS) de Düsseldorf, Allemagne

Sarah Regez, présidente du comité d’initiative, lors de la conférence de presse du 5 octobre 2023 à Liestal

Dans le canton de Bâle-Campagne, une initiative populaire entend interdire le langage genré dans les écoles et établissements préscolaires. La collecte de signatures commencera au début de 2024, et l’Association Initiative de protection, sise dans ce même canton, apportera son aide aux auteurs de l’initiative. «Initiative de protection – Actualités» s’est entretenue avec Sarah Regez, présidente du comité d’initiative, à propos de cette action.

INITIATIVE DE PROTECTION – ACTUALITÉS: Quel est le but de cette initiative populaire cantonale?

Sarah Regez: L’initiative cantonale contre le langage genré dans les écoles et le préscolaire vise à supprimer, dans la langue allemande, les caractères spéciaux déjà largement répandus et modifiant certains mots, comme les deux points de ponctuation, le trait de soulignement, la formulation inclusive, l’astérisque de genre et autres formes d’écriture, dans toutes les écoles primaires de la région bâloise. Il faut utiliser des formulations linguistiquement correctes, compréhensibles et lisibles comme le masculin générique ou la mention des deux sexes.

IPA: Combien de signatures faut-il collecter, en combien de jours et à partir de quand?

Sarah Regez: Pour une initiative populaire dans le canton de Bâle-Campagne, il faut avoir obtenu et déposé 1500 signatures valables dans le délai de deux ans. La collecte commence début 2024.

IPA: Qu’est-ce qui vous incite à prendre position aussi clairement et publiquement contre le langage genré dans les
écoles?

Sarah Regez: Le langage est un instrument incroyablement puissant – surtout quand il s’agit d’expliquer très précisément et en détail ce que l’on entend. La langue forme et structure la pensée. L’enseignant a pour tâche d’aider les écoliers et écolières en formation à structurer leur pensée et à apprendre à communiquer clairement. Par conséquent, il n’existe guère d’autre endroit plus important pour une utilisation précise de la langue. Le langage genré est cependant tout sauf «clair», car d’une part, il empêche de transmettre précisément le sens du message, et d’autre part, il dévie l’attention normalement due à des matières importantes de l’enseignement. De plus, le langage genré étant grammaticalement faux, il n’a certainement pas sa place dans les écoles.

IPA: Comment les gens réagissent-ils à votre projet?

Sarah Regez: La vaste majorité des gens réagissent très positivement à cette action. Ce soutien va du segment de population plutôt conservateur qui entend maintenir les modèles de rôles classiques, jusqu’au mouvement progressif
féministe, qui craint que l’idéologie du genre n’entraîne l’élimination de la femme. Tous ces groupes se rejoignent
sur un point: le langage genré va trop loin, il est discriminatoire, inutile et nocif.

IPA: Que pouvez-vous dire aujourd’hui du comité d’initiative?

Sarah Regez: Avec ce projet, nous nous adressons à un large éventail d’intéressés provenant de divers partis politiques et de domaines non politiques. La composition du comité reflète ce large éventail.

IPA: S’agit-il uniquement de la langue, ou ces règles linguistiques cachent-elles autre chose?

Sarah Regez: Même si cette initiative touche principalement la langue écrite et parlée dans les écoles et le préscolaire, il faut quand même se poser la question: D’où vient cette idéologie qui veut éliminer la dualité des sexes, et quelle est sa finalité? Et surtout: Pourquoi ces sujets sont-ils mis en avant dans ce qui est censé être des «sanctuaires pour les enfants», comme les écoles primaires et le préscolaire? 

Ce n’est pas un hasard si les ultra-radicaux du langage genré promeuvent aussi des livres pour enfants montrant des «pères enceints» à des enfants de 4 à 8 ans, veulent encourager l’enseignement sur la sexualité précoce et célébrer les rencontres «lecture de contes de drag queens pour jeunes enfants», mises en scène par des hommes adultes travestis en femme pour lire des livres très particuliers aux enfants et danser devant eux.

IPA: L’identité de genre a pour but l’inclusion des minorités. Pourquoi vous y opposez-vous?

Sarah Regez: Le langage genré n’inclut absolument personne, car on ne définit pas clairement sur qui ou sur quoi porte l’astérisque de genre, par exemple. Il est effarant que l’on utilise ce procédé pour inculquer aux enfants la peur de discriminer quelqu’un s’ils n’utilisent pas le langage genré. C’est pourquoi nous avons choisi le «monstre du genre»
comme sujet de l’initiative. Cette idéologie marque les enfants et leur interdit de penser librement, par peur d’agir de manière discriminatoire.

IPA: Que conseillez-vous aux pères et aux mères inquiets qui s’opposent à l’idéologie du genre?

Sarah Regez: C’est déjà bien de faire partie des parents préoccupés qui s’intéressent aux matières enseignées chaque jour à leurs enfants dans les écoles publiques. Il est très important que les parents connaissent en détail les fiches de travail et les manuels scolaires de leurs enfants. Il faudrait aussi pouvoir visiter les classes pendant les cours, car c’est seulement ainsi que l’on peut connaître l’approche pédagogique des enseignants. Si cette initiative est acceptée, les parents auront un outil légal à leur disposition. C’est pourquoi cette initiative a urgemment besoin du soutien des lecteurs et lectrices d’«Initiative de protection – Actualités».

Les Églises doivent protéger les enfants, et non les exposer à la sexualisation précoce!
L’éducatrice sexuelle Tina Reigel réclame des «espaces de masturbation» dans les crèches et les écoles enfantines, et appelle les enseignants à faire bricoler par les enfants de première année des organes génitaux. Elle a récemment pu présenter ses thèses délirantes dans une paroisse de l’Église réformée de Brügg (BE).

Les apôtres de la sexualisation précoce ne reculent visiblement devant rien. Exemple: l’éducatrice sexuelle et sociale Tina Reigel, qui réclame «un éveil sexuel dès le commencement». C’est sous ce titre qu’elle a présenté, le 10 novembre 2023, un exposé dans la maison de paroisse de Bürglen dans le canton de Berne. Reigel n’est pas une inconnue. Elle fait partie des combattantes les plus agressives de la cause de la sexualisation précoce pour les enfants dès le plus jeune âge (voir «initiative de protection – Actualités» no 40)1. Dans une interview pour le magazine «Wir Eltern», elle a appelé les enseignants à faire bricoler par les enfants des organes génitaux et, par exemple, à créer un clitoris avec de la pâte à modeler.

Comme si cela ne suffisait pas, Reigel a aussi prévu le même programme pour les enfants en âge préscolaire. Elle entend transformer les crèches et les écoles enfantines en univers d’expérimentation sexuelle et, le plus sérieusement du monde, veut faire aménager des «espaces de masturbation» dans les lieux d’accueil pour jeunes enfants. Les enfants sont aussi invités à «jouer au docteur» afin d’explorer et découvrir mutuellement différentes zones du corps ainsi que les parties intimes.

Pour Reigel, les enfants sont des «êtres sexuels» qui, prétend-elle, se stimulent dès la naissance. Les idéologues du sexe et les lobbyistes en Suisse et à l’étranger s’appuient sur cette idée pour justifier un «devoir d’éducation dès la naissance». Mais ce concept n’a aucun fondement scientifique et est complètement contraire au bon développement des enfants dans tous les autres domaines de leur évolution neuropsychique. Les notions de «droits sexuels», «santé sexuelle» et «sexualité infantile» sont de pures inventions qui relèvent de l’idéologie. Le docteur Régis Brunod, pédopsychiatre et ancien expert judiciaire de Paris, met en garde: on essaie, avec de telles affirmations, de justifier de nombreux abus sexuels sur de jeunes enfants, notamment avec des arguments pseudo-scientifiques ou sous couvert de prévention. Le Dr. Brunod le déclare sans ambages: «L’absence de sexualité chez les enfants est le fondement de toute mesure de prévention contre la pédocriminalité.»

«Théologie féministe» et idéologie du genre

Une question se pose: Comment se fait-il que c’est justement une paroisse réformée qui invite une telle militante radicale de la sexualisation précoce et qui lui offre une plateforme d’expression? L’explication pourrait bien être liée à la personne de la pasteure de Bürglen, Lea Wenger-Scherler. En janvier 2023, lors de l’émission dominicale «Wort zum Sonntag» de la RTS, diffusée à une heure de grande écoute, elle a donné une prédication totalement répugnante, affirmant: mais ce n’est pas si important de savoir si un enfant est «biologiquement un garçon ou une fille», ou «les deux», ou «aucun des deux». Il existe aussi les «non-binaires», selon cette pasteure mariée avec une femme et élevant avec elle un enfant. Elle admet elle-même que la «théologie féministe et l’écologie» lui tiennent «particulièrement à cœur». Visiblement, c’est exactement l’orientation idéologique qui lui a valu son engagement à la RTS: «Je pense qu’ils n’auraient pas pris une personne trop conservatrice», a-t-elle déclaré au «Bieler Tagblatt.»2

Une sexualité débridée projetée sur les enfants

Reigel anime notamment un blog intitulé «Little Fellow», où elle invite les parents et les éducateurs à prononcer, dans le dialoguant avec les enfants, des phrases comme celle-ci: «Je souhaite que tu expérimentes ton corps comme un merveilleux objet de désir.» Elle évoque aussi le fait de «jouer au docteur» et propage l’idée d’un «développement sexuel» dès la naissance. S’agissant de la sexualité dès la deuxième année de vie, elle écrit: «la masturbation infantile – même les enfants sont capables de provoquer une décharge orgasmique.» C’est, dit-elle, «ok et bon pour le développement sexuel». Reste que les déclarations de Reigel, dépourvues de base scientifique, sont très dangereuses car susceptibles de servir de justification aux milieux pédophiles pour des abus sexuels.

En poussant à «l’éveil sexuel dès le commencement, à la confection de clitoris ou de pénis en pâte à modeler par les enfants de première année d’école, à la mise en place d’«espaces de masturbation» dans les crèches et en voulant abolir la séparation des sexes, elle franchit très clairement des limites dont l’absence est destructrice pour la famille et le bon développement des enfants. Dommage que dans son idée du «commencement» ne figure pas «la Parole», mais une «sexualité débridée» qui est implacablement assénée aux tout-petits.

1 «Initiative de protection – Actualités» no 40: juin-août 2022, pages 2 et 3,
www.initiative-de-protection.ch/wp-content/uploads/2022/06/Web_KSI_40_FR.pdf
2 Voir l‘article dans «Initiative de protection – Actualités» no 43

Un calendrier scolaire tessinois LGBTIQ induit en confusion les élèves de 5e: «Chacun a le droit d’être la personne qu’il veut, selon son ressenti.»

Dans le canton du Tessin, un calendrier scolaire contaminé par l’idéologie LGBTIQ et destiné aux enfants à partir de la 5e classe a suscité un tollé. Cette brochure contestable a été distribuée au début de la nouvelle année scolaire. Les enfants sont endoctrinés et poussés à un éventuel changement de sexe au moyen d’images, de textes et de liens Internet.

Ce calendrier scolaire tessinois, produit en automne 2023 grâce à des deniers publics, contient de la propagande pour la sexualisation précoce et l’idéologie transgenre, entre autres contenus douteux. Les réactions ne sont pas fait attendre.

HelvEthica Ticino, un nouveau parti tessinois, a adressé une mise en garde via un communiqué de presse. Lors d’une conférence de presse1 précédant les élections, Rina Ceppi-Bettosini, candidate de ce parti pour le Conseil national et très proche de l’Association Initiative de protection, a adressé un sérieux avertissement contre l’infiltration de tout le système éducatif tessinois par l’idéologie du genre et la sexualisation précoce.

D’autres partis (UDF, UDC et LEGA) ont réclamé de la socialiste et ancienne conseillère d’État Marina Carobbio Guscetti, qui dirige le Département de l’Instruction publique (DECS2), qu’elle empêche la distribution de ce calendrier, affirmant qu’il s’agit d’une opération de lavage de cerveau amenant la confusion sexuelle, rejetant aussi l’idée d’un «troisième sexe». Cette protestation n’a pas été tout à fait vaine, puisque certaines communes ont décidé de ne pas distribuer ce calendrier aux enfants, ou alors par l’intermédiaire des parents.

La réaction publique contre ce programme scolaire contesté qui incite les enfants à souscrire à une prétendue «fluidité sexuelle» a montré une chose: il faut qu’une personne se lève et clame: «Le roi est nu!»

Il existe d’autres moyens pour aider les adolescents dans leur recherche d’identité sexuelle et personnelle. Mais profiter du malaise de quelques rares jeunes pour inculquer de force une dangereuse idéologie sexuelle à tous les élèves, c’est risquer d’amener la confusion et la désorientation générales chez ces adultes en devenir, et c’est mettre gravement en danger leur santé.

1 Conférence de presse du 22 août 2023 (vidéo): intervention Ceppi-Bettosini: helvethica-ticino.ch/elezioni-federali-2023-programma-politico-22-08-2023/ (à partir de 1:17:10) / www.chiassotv.ch
2 DECS: Dipartimento dell’educazione, della cultura e dello sport