Les réseaux sociaux sont explorés par des jeunes qui non seulement tombent sur des contenus douteux, mais qui rencontrent aussi des adultes inconnus. Deux cas tragiques de telles situations révèlent les dangers de l’univers des médias sociaux.

Descente dans l’abîme avec Tiktok: une mère met en garde!
Rantigny, France: Shanon, âgée de 13 ans, avait convenu d’un rendez-vous avec un jeune homme rencontré sur Tiktok et qui avait caché son vrai âge. L’auteur présumé des faits, âgé de 19 ans, a attiré la jeune fille dans un appartement, l’a violée et l’a grièvement blessée. Shanon a dû être placé dans un coma artificiel. Elle est décédée trois semaines plus tard à l’hôpital. Son enterrement a eu lieu le 9 avril 2024 en présence de plus de 400 personnes.

Au vu des blessures subies, l’avocat de la famille parle d’un acte barbare. La mère de la jeune fille décédée met en garde contre le grand danger de rencontrer des inconnus sur les médias sociaux.

Emily: pas une jeune fille, mais un maître chanteur
Un adolescent de 16 ans dialogue sur Instagram avec Emily, une présumée jeune fille. Celle-ci lui fait des avances, puis demande une photo live ainsi que des photos et des vidéos de nu du jeune homme. La «souris» est prise au piège! Il se révèle qu’Emily n’est pas une jeune fille, mais un homme adulte, membre d’un groupe de maîtres chanteurs nigérians. «Emily» menace d’envoyer les photos de nu du jeune homme à sa famille et à ses amis, et réclame de l’argent. Cette forme de chantage s’appelle «sextortion». Selon un expert1, 18 jeunes en Amérique du nord se sont suicidés au cours de 18 derniers mois suite à des cas de «sextortion».

La police municipale de Zurich conseille de couper immédiatement les contacts avec l’auteur de chantage et de n’envoyer en aucun cas de l’argent. Dans une telle situation, le mieux est de faire des copies du fil de discussion et de déposer plainte auprès de la police.2

Stop à partir de 20h: limiter l’accès à Internet
Conseil de l’Association Initiative de protection: informez-vous sur ce genre d’incidents, maintenez le dialogue avec l’adolescent sous votre garde et contrôlez activement son accès aux médias sociaux.3

1 John Shehan du National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), USA
2 NZZ, 22.1.24
3 Voir aussi «Initiative de protection – Actualités» no 47, p. 2 et 3

Holger_05 (1)
Le prévenu, de son propre aveu, aime à se satisfaire luimême en jouant le rôle d’un chien.

Le Tages Anzeiger a révélé que l’association de Suisse centrale «Sozialwerk.LGBT+» était un haut lieu de relations sexuelles entre dirigeants adultes et des jeunes, de comportements moralement indéfendables et d’abus de pouvoir. Le Ministère public de St-Gall examine l’éventualité de poursuites contre des infractions pénales. Une chose est sûre: les limites entre abus, éducation sexuelle et activités LGBT sont très floues.

Sachant que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) répand sa propagande pour les droits sexuels dès la naissance, il n’est pas étonnant que l’on débatte actuellement «d’espaces de masturbation» dans les crèches. Dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, le Dr. Martin Voigt, spécialiste de l’enfance, a récemment évoqué cette éducation sexuelle «moderne» qui vise à placer délibérément les enfants dans des situations et des états émotionnels chargés (sexuellement). Les enfants, plongés dans des jeux de rôles, sont alors facilement manipulés. Tout ceci se déroule sous prétexte d’autodétermination sexuelle des enfants et des adolescents.

Mais le concept de protection mis en avant vise en fait à ôter le sentiment naturel de pudeur et peut être assimilé à un conditionnement pédagogique en vue d’abus sexuel, explique le Dr. Voigt. Cette affirmation ne tombe pas de nulle part: les présomptions d’abus sur des jeunes lors d’une rencontre LGBT le démontrent clairement.

«Mais le concept de protection mis en avant vise en fait à ôter le sentiment naturel de pudeur et peut être assimilé à un conditionnement pédagogique en vue d’abus sexuel.»

Les deux hommes prévenus sont un couple homosexuel. Avec l’aide de fonds publics, ils ont mis en place l’association «Sozialwerk.LGBT+» qui fait notamment de la publicité pour des livres comme «das Arschbuch» (le livre du cul), avec des instructions pour la pratique du sexe anal, ou «PetPlay», un ouvrage qui promet la satisfaction aux jeunes qui veulent se mettre dans le rôle d’un animal. Cette association anime également deux points de rencontre, l’un à Coire (GR) et l’autre à Buchs (SG). L’atmosphère qui y règne est décrite par diverses sources anonymes comme «chargée sexuellement». Logiquement, les rencontres qui s’y déroulent, ouvertes aux jeunes dès 13 ans, sont abondamment accompagnées de sex toys comme des attaches et des plugs anaux.

Dans ce contexte, il semble que des abus sexuels sur mineurs ont été commis par deux dirigeants adultes. L’un des prévenus répond aux accusations avec légèreté: «Les mineurs sont aussi en mesure de prendre des décisions en assumant leurs responsabilités. Et s’il se trouve que ces décisions sont erronées, eh bien c’est comme ça, cela fait partie de l’apprentissage». La boucle de l’éducation sexuelle «moderne» est bouclée. L’«éducation» précoce aboutissant à l’autodétermination sexuelle passe par des abus et des ingérences. Pour cet activiste LGBT accusé, ces faits font partie de l’apprentissage. Pas pour l’Association Initiative de protection!

Imaginez-vous cette scène: un enfant en âge préscolaire revient tout perturbé à la maison et, en sanglots, dit à ses parents qu’il ne veut plus retourner à l’école enfantine. « Que s’est-il passé », demandent les parents. «Aujourd’hui, une sage-femme est venue pour raconter des histoires d’enfants d’école enfantine nus avec des images», répond l’enfant. «Oh non… et après?», demandent les parents. «Après, on nous a montré encore plein d’autres choses dégoûtantes, mais je ne veux pas en parler, je ne veux juste plus retourner à l’école enfantine».

Le magazine spécialisé Obstetrica destiné aux sages-femmes a récemment publié, sous le titre «Une sage-femme instruit dans les écoles enfantines», un article effarant sur «l’éducation» des enfants en âge préscolaire dans les Grisons. L’auteur et sage-femme Ruth Niederreiter y décrit ses activités lors des visites dans ces établissements. Déjà dans le sous-titre de l’article, on postule en caractères gras que «les soucis concernant la sexualisation précoce sont infondés». S’excuser avant même le début d’une action, c’est prêter le flanc au dicton «qui s’excuse s’accuse».

La suite de cet article est un mélange toxique de sexualisation précoce, d’endoctrinement féministe et de propagande LGBT+. Mme Niederreiter commence son enseignement en décrivant diverses «configurations familiales». Pas difficile de comprendre son propos: on montre aux enfants une maison dans laquelle vivent des couples homosexuels et hétérosexuels, avec ou sans enfants. Résultat: la notion de famille est vidée de son sens et l’exception en matière de configuration familiale devient la norme.

Ensuite, il s’agit d’habiller des personnages en papier. Mme Niederreiter incite les enfants à vêtir la fillette en papier d’habits de garçon, et à faire porter une robe au garçon. Ce dernier est ensuite affublé d’une coiffure avec de longs cheveux abondants. C’est de la propagande transgenre la plus pure visant les enfants entre quatre et six ans.

Le comble, ce sont les exercices pratiques qui suivent. Conformément à la croyance toujours plus répandue que «l’éducation sexuelle» ne peut être inculquée que si quelque chose de sexuel l’accompagne, on joint le geste à la parole. Par exemple, on illumine les parties du corps des enfants avec une lampe de poche. Les enfants doivent ensuite dire s’ils aimeraient ou non qu’on touche la partie de leur corps illuminée. Bien entendu, les parties génitales et les fesses sont aussi illuminées en détail. La question de savoir si un enfant peut être touché à ces endroits reste ouverte.

Les exercices sexuels ôtent leur pudeur aux enfants. La normalisation de situations familiales incongrues les prive de leurs repères. Et la confusion des sexes leur vole leur identité. Sans pudeur, sans repères et sans identité, les êtres humains sont alors des proies faciles pour les abus de toutes sortes.

L’Association Initiative de protection a donc décidé d’agir. Lisez l’encadré ci-dessous pour en savoir plus.

LETTRE D‘AVERTISSEMENT AUX PARENTS GRISONS Il faut arrêter ce qui se passe actuellement dans les écoles enfantines! L’Association Initiative de protection a décidé d’agir en envoyant une lettre de mise en garde à plus de mille parents dans les Grisons. Ce courrier invite les parents concernés à faire ce qui suit:
  • L’éducation sexuelle est l’affaire des parents. En fait, les écoles enfantines ne sont pas un endroit approprié pour l’éducation sexuelle. Ce n’est pas l’âge approprié. Dites non! Enseigner la prévention des abus visant les enfants, c’est l’affaire de la police.
  • Prenez votre courage à deux mains et, si un tel cas se produit, protestez auprès de l’école enfantine ou de l’école primaire de votre enfant. Vous verrez que votre action produit des effets. Mettez-vous en réseau avec d’autres couples de parents. Racontez-nous votre histoire et dites-nous comment vous aider.
  • Racontez-nous votre histoire et dites-nous comment vous aider.

Andreas Gafner
conseiller national / BE

Dans mon dernier rapport de Berne, je traitais de l’exposition croissante de nos enfants au numérique, et je me demandais dans quelle mesure ce phénomène est dangereux. Le chercheur allemand Manfred Spitzer, spécialiste du cerveau, a répondu de manière relativement claire. Selon lui, les smartphones rendent nos enfants «malades, abrutis et dépendants», un constat dont tous les médias suisses, notamment Blick et 20Minutes, se sont fait l’écho ces dernières semaines. L’écrivain suisse Rolf Dobelli, par exemple, a réclamé l’interdiction des médias sociaux pour les moins de 16 ans, et les médias ont même posé la question de savoir si les smartphones devaient être bannis des classes d’écoles suisses.

Dans la présente édition, j’aimerais poursuivre la réflexion, à savoir en demandant si l’exposition précoce au numérique revient en définitive à la sexualisation précoce. C’est une question que je me suis souvent posée, vu les effarants chiffres récemment publiés par les autorités de poursuite pénale. Si, en 2012, seulement 83 adolescents ont été condamnés pour pornographie, en 2018 ce chiffre a grimpé à 419. En 2022, il était de 1024, dépassant ainsi pour la première fois la barre des mille condamnations. Et ce n’est probablement que la pointe de l’iceberg, car bien souvent, la diffusion de pornographie illégale ne fait même pas l’objet d’une dénonciation.

La police vaudoise, qui a décidé de lutter contre la sexualisation précoce dans les cours de récréation et les classes d’école, a récemment produit une vidéo en collaboration avec la Prévention suisse de la criminalité. «Hé, toi, je t’observe et je sais ce que tu as fait hier. Tu as regardé du porno, c’est ça? Tu penses que c’est ok? C’est pas ok.» C’est ainsi que débute cette vidée de trois minutes avertissant les enfants et les adolescents des dangers de la pornographie légale et illégale ainsi que du partage de photos comprenant de la nudité.

Dans la vidéo en question, une voix off met en garde le spectateur contre la consommation de pornographie légale par des personnes mineures. Selon le Code pénal suisse, le partage de telles vidéos par des moins de 16 ans est punissable. La vidéo vaudoise met aussi en garde contre les conséquences du sexting entre mineurs – le partage de photos ou de vidéos intimes –. Partager des images intimes de soi-même a pour conséquence possible que la police débarque «dans ton école, dans ta classe, à ta table» et «t’emmène». Et le clip vidéo continue: «N’oublie pas: je t’observe, jour et nuit. Car c’est moi.» La suite montre que l’homme barbu cachait en fait une femme censée jouer le rôle de la mère du jeune concerné et qui dit: «Je ne veux que ton bien, mon trésor.»

C’est vrai, cette vidéo se veut claire et franchement dramatique. Il n’a donc pas fallu attendre longtemps pour qu’une «experte des violences sexuelles et des consultations aux victimes» ne monte au créneau avec des critiques dans les médias, affirmant que cette vidéo «provoque la peur et pose de graves problèmes à différents niveaux». Mais à notre époque de TikTok, Snapchat et Instagram, où la durée de l’attention diminue sans cesse, comment atteindre les enfants et les jeunes? – À mon avis, en publiant de telles vidéos sur les réseaux sociaux. Dans le clip vidéo concerné, le discours est clair et carré: il faut savoir que la police de Zurich effectue déjà, à raison d’une ou deux fois par semaine, des descentes au domicile d’adolescents. Elle entre dans un appartement tôt le matin, fouille le domicile en présence des parents et des frères et sœurs pour chercher des pièces à conviction dans des affaires de pornographie illégale. Une expérience qu’on ne souhaite à aucun parent.

Dans cette affaire, je soumettrai une question au Conseil fédéral afin de savoir comment il entend lutter contre l’augmentation du nombre de délits de pornographie chez les personnes mineures.

Andreas Gafner
Conseiller national, Oberwil im Simmental (BE)

Ces dernières semaines, plusieurs parents révoltés`ont rapporté à l’Association Initiative de protection l’enseignement d’une «éducation exuelle» provocante dans les écoles de leurs enfants. Les critiques concernent surtout une association dénommée «Achtung Liebe» (attention amour). Des individus sans formation pédagogique expliquent à des écoliers des pratiques sexuelles «créatives», violant ainsi la pudeur de ces derniers.

L’Association «Achtung Liebe» est, selon ses propres informations, une organisation à but non lucratif ayant des antennes locales dans les universités de Bâle, Berne et Zurich. Tout étudiant de toute discipline et «motivé» peut collaborer à l’association. «Initiative de protection – actualité» a soumis l’approche d’«Achtung Liebe» au professeur et expert réputé Jakob Pastötter, président de la Société allemande de recherche scientifique en sexologie, afin d’obtenir son avis. Son verdict est absolument négatif.

Violation des limites personnelles
Le prof. Pastötter relève tout d’abord le fait que les enfants ne sont pas capables de discernement, n’ont pas assez de recul et sont contraints de subir ces ateliers sur le sexe sans pouvoir s’y opposer. Les enseignants sont exclus des classes et les parents ne sont pas ou très vaguement informés. On assure aux enfants qu’ils se trouveront dans un espace sécurisé d’où rien ne filtrera vers l’extérieur. Une fois la porte de la salle de classe fermée, ces «éducateurs sexuels» sans formation ont alors carte blanche. Sans mise en garde, ils exposent les enfants à un langage pornographique et à un jargon d’adolescents, et parlent de sujets très intimes ressentis comme étant agressifs et humiliants. Selon le prof. Pastötter, c’est une approche extrêmement douteuse du point de vue pédagogique et psychologique. C’est une violation grave des limites personnelles. Le développement et la maturité des écoliers au sein d’une classe ne sont pas homogènes. Mais on postule néanmoins une «normalité» et une homogénéité dans toute la classe.

Purement idéologique, non scientifique
«Achtung Liebe» inculque aux enfants la dangereuse éducation sexuelle dite «intégrale» ou «holistique» (CSE)1 de l’OMS et les prétendus «droits sexuels» de l’IPPF2.

Cette idéologie sexuelle est fondée sur l’expression libre du plaisir sexuel dès la naissance. Autrement dit, tous les enfants ont le droit d’être instruits concernant les actes sexuels avec eux-mêmes et avec autrui! Il faut accorder ce droit à tous les enfants et adolescents, sans exception. «Achtung Liebe» propage ouvertement «la formation sexuelle», la «priorité au plaisir», l’orientation «féministe» et les interventions de «personnes LGBTQIA+*». Impossible d’être plus à fond dans l’idéologie! Mais: nulle trace d’amour véritable, de responsabilité, de famille ou de fidélité.

«Achtung Liebe» prétend diffuser des «informations scientifiquement établies». Selon le prof. Jakob Pastötter, cette association se pare d’un vernis scientifique illusoire et infondé servant uniquement les visées de ces idéologues. Les termes «éducation sexuelle» et «holistique» reflètent leur «délire d’accomplissement, mégalomanie, tyrannie absolue et manipulation psychologique». Faute d’études corroborant leurs affirmations, il est impossible d’étayer ces formes d’éducation sexuelle par la science. Il n’existe strictement aucune étude de longue durée à ce sujet.

Le prof. Pastötter rejette catégoriquement que «des adultes non qualifiés puissent bénéficier d’un passe-droit et se présenter face à des enfants et des adolescents pour les instruire concernant les choses les plus intimes qui soient et pour orienter cette intimité par la coercition dans une direction particulière». Si l’on examine les affirmations de ces éducateurs sexuels sous un «angle analytique», on est «choqué par l’aspect non scientifique de cette prétendue science» qui, selon le prof. Pastötter, n’est que de la «poudre aux yeux».

l est important de présenter les faits véritables en fonction de l’âge, mais «allumer un feu d’artifice avec pour seul but l’imposition d’une idéologie est, au mieux, un non-sens, et au pire, l’acte d’un pyromane à l’égard des individus concernés et de l’ensemble de la société», affirme le prof. Pastötter. Ce n’est sans raison que la sexualité a toujours été encadrée par des normes et des prescriptions. Autrement, «elle se transforme en une sexualité prédatrice intéressée uniquement par l’autosatisfaction».

«Sans mise en garde, ils exposent les enfants à un langage pornographique et à un jargon d’adolescents, et parlent de sujets très intimes ressentis comme étant agressifs et humiliants»

Pourquoi nous, parents, permettons-nous cela?
La question se pose à nouveau: «Pourquoi, en tant que société, permettons-nous que des individus animés de motivations extrêmement douteuses et sans connaissances fondamentales sur la sexualité aient accès à des classes d’école» et soient même payés pour présenter «leurs délires»? Certes, leurs élucubrations remplissent les heures d’enseignement, mais «sont dépourvues de toute légitimation scientifique». Et le prof. Pastötter de conclure qu’une telle attitude n’est autre que du mépris pour l’humanité.

Hiver 2024: Comment un père et sa fille de 13 ans ont vécu un atelier de sexualité teinté d’idéologie agressive animé par «Achtung Liebe»:

Weltwoche no 06.24, page 24
www.schutzinitiative.ch/verein-achtung-liebe/

1 CSE: Comprehensive Sexuality Education
3 IPPF: International Planned Parenthood Federation

La brochure «Hey You», distribuée par dizaines de milliers en Suisse, vise expressément les enfants dès 12 ans. Elle leur donne des conseils de masturbation, des instructions pour l’utilisation de sex toys et les expose à des illustrations de godes-ceintures. Il s’agit là d’une incitation illicite à des actes sexuels par des enfants. L’Association Initiative de protection rassemble des témoignages de parents dont les enfants ont été exposés à cette sulfureuse «brochure porno» (NZZ).

Ce que l’Association a déjà entrepris
En déposant une plainte pénale le 10 novembre 2022, l’Association a expliqué en détail que la brochure «Hey You» va clairement au-delà d’une mesure raisonnable d’éducation sexuelle et représente une incitation illicite à des actes sexuels par des enfants.

Le Ministère public de Berne-Mittelland a refusé d’entrer en matière, approche que la Cour suprême du canton de Berne a ultérieurement confirmée. Il a expliqué cette décision principalement par le fait que l’Association Initiative de protection – l’auteur de la plainte – n’a pas qualité de partie, autrement dit, n’est pas habilitée à déposer plainte.

Les parents peuvent intervenir en soutien
L’Association Initiative de protection est désormais très intéressée à recevoir des témoignages de familles dont les enfants ont été exposés à cette brochure. Passant en revue un nombre important de courriers, elle réfléchira aux étapes suivantes. Pour les parents souhaitant appuyer cette action, toute information fournie sera évidemment traitée avec la plus grande confidentialité. En réponse à leur témoignage, ils obtiendront notamment une brève évaluation des faits par le conseiller de l’Association et, si nécessaire et souhaité, de la part de professionnels ayant une formation psychologique.

Cette «brochure porno» dangereuse pour les enfants mine la confiance dans les écoles publiques. L’Association Initiative de protection réclame donc son retrait et sa destruction.

Appel aux pères et aux mères
Contactez l’Association Initiative de protection si votre enfant a été confronté à cette brochure. L’âge de votre enfant doit se situer entre 11 et environ 14 ans.

Association Initiative de protection
Case postale
4142 Münchenstein
E-mail: info@initiative-de-protection.ch

Andreas Gafner
conseiller national / BE

C’était le début de la session de printemps, je dirigeais, comme d’habitude, de la gare de Berne vers le Palais fédéral, où les Chambres fédérales siègent. À
un arrêt de bus, j’ai observé une scène devenue courante: des enfants assis sur un banc, attendant le bus, la tête inclinée, les yeux rivés sur leur smartphone.

Autrefois, lors de notre enfance et de notre adolescence, nous bavardions de tout: de la sévérité de nos enseignants, de la nouvelle mode ou de la personne dont nous étions amoureux. Bref, tout ce qui allait avec cet âge. Mais aujourd’hui, les jeunes ne dialoguent plus face à face, ils ont le regard figé sur leur écran rectangulaire. Et il se pourrait bien que les jeunes, s’ils se côtoient, parlent en fait de leur smartphone…

Ils passent de plus en plus d’heures sur les médias sociaux et ont de moins en moins de temps pour des contacts sociaux réels. L’invasion du numérique à un jeune âge est-elle un danger pour nos enfants? Je me suis souvent posé cette question, que des experts ont aussi abordée, comme le chercheur allemand Manfred Spitzer, spécialiste du cerveau, selon qui le smartphone «abrutit» nos enfants et les rend «malades et dépendants».

Quels sont ces dangers, concrètement? Un thème important est le cybermobbing, c’est-à-dire le harcèlement, l’insulte, la diffamation et l’intimidation par des gens du même âge sur les médias sociaux et dans des messageries comme WhatsApp, Telegram et d’autres. Les enfants et les adolescents sont facilement victimes de cybermobbing, avec de graves conséquences possibles pour l’équilibre psychique.

De nombreux enfants et adolescents en savent trop peu sur la protection des données. Ils partagent volontiers des informations personnelles et des images qui risquent de se retrouver très vite dans de mauvaises mains.

Autre grand danger: la disponibilité permanente des smartphones, qui peut entraîner une dépendance à l’égard des contenus numériques. Résultat: troubles du sommeil, manque de concentration à l’école et isolement social.

L’étude «Adele+», réalisée en 2020 par l’observatoire suisse de la santé, présente les conclusions suivantes: plus les enfants en âge préscolaire passent quotidiennement du temps devant un écran, plus ils risquent d’avoir des troubles du sommeil. Selon les auteurs, un sommeil suffisant et non perturbé est important pour le développement d’un enfant. Il apparaît aussi que de longues heures d’écran sont de plus en plus souvent liées au surpoids ou aux rondeurs corporelles.

Mais la santé physique n’est pas l’unique danger: la pression d’avoir un look parfait ou de satisfaire à certaines normes dans les médias sociaux peut entraîner, chez les enfants et les adolescents, la dévalorisation de soi et un risque accru de problèmes psychiques tels que la dépression ou l’anxiété.

Le thème de la numérisation précoce n’a pas encore eu d’écho auprès de la Berne fédérale, sauf dans quelques rares interventions parlementaires. Mais un rapport du Conseil fédéral1 d’octobre dernier permet un certain espoir. Selon ce texte, l’Office fédéral de la santé publique tiendra compte des conséquences de la numérisation précoce lors de la révision du plan de mesures 2025-2028 pour le renforcement de la stratégie nationale sur les addictions. Nous attendons avec impatience le résultat, car selon les spécialistes, l’essentiel est de sensibiliser et d’informer les parents concernant ces dangers.

Andreas Gafner, conseiller national / BE

1 Rapport: «Renforcer la Stratégie nationale Addictions en incluant la cyberdépendance»

À Davos, des experts de renommée internationale en médecine, en psychologie et en droit, s’exprimant lors d’un événement parallèle au forum économique mondial (WEF), ont sonné l’alarme en janvier 2024. Lancée à Davos, leur campagne Human Change1 vise à exposer au public mondial les risques posés par les smartphones et les médias sociaux pour la santé physique et psychique des enfants et des adolescents. L’Association Initiative de protection était présente à Davos et s’est entretenue avec des experts sur place.

Des études montrent que depuis 2012, avec l’avènement des smartphones et des réseaux sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat et WhatsApp), le nombre de jeunes femmes souffrant d’anxiété, de dépression, d’une faible estime de soi et de blessures affectives pouvant même entraîner le suicide, s’est notablement accru.

En 2021, Frances Haugen, ancienne gestionnaire de produits Facebook et lanceuse d’alerte2, a publiquement dévoilé que Facebook était parfaitement conscient de sa nocivité en admettant: «Facebook place le profit avant la sécurité».

USA: des parents en deuil de leurs enfants
Fin janvier 2024, Mark Zuckerberg, CEO de Meta (notamment Facebook, Instagram, WhatsApp)3, a dû comparaître devant le comité de justice du Sénat américain, de même que les CEO de TikTok, Snapchat et X (ex-Twitter). Les auditions ont commencé avec les déclarations enregistrées de parents affirmant que leurs enfants étaient exploités dans les médias sociaux. Pendant cet événement de plusieursheures, les parents ayant perdu un enfant par suicide tenaient à bout de bras de grandes photos de leurs enfants décédés. Et une mère montrait comment sa fille était tombée dans un «trou noir rempli de contenus dangereux» après avoir regardé des vidéos TikTok et Instagram sur le sport et une alimentation saine. En quelques semaines, sa fille était devenue anorexique et avait failli mourir.

Les enfants ne consomment pas seulement des contenus néfastes pour le corps, mais aussi de la pornographie et de la violence. Et de plus en plus de jeunes sont victimes de cybermobbing4 ou de sextorsion5.

Mi-février 2024, le maire de la ville de New York, Eric Adams, ancien fonctionnaire de police, a déposé plainte contre Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat et YouTube. Selon lui, ces plateformes promeuvent l’insécurité, rendent dépendant et mettent en danger la santé psychique des enfants, ceux-ci étant sans cesse exposés à des contenus néfastes.

Il faut proclamer l’état d’urgence
À Davos, la professeure de droit Gaia Bernstein6, du New Jersey, a accusé les responsables de ces plateformes non seulement d’être trop passifs face à la dépendance de l’Internet, mais de la promouvoir. Seule une réglementation gouvernementale permettrait de brider ces géants de l’Internet, comme pour l’industrie du tabac, qui n’avait cédé qu’après des dizaines d’années de lutte. En fait, l’OMS devrait proclamer l’état d’urgence comme elle l’avait fait pour le Covid-19.

Le Dr Mitch Prinstein, scientifique et directeur de l’Association américaine des psychologues7, a mentionné de très récentes études montrant que l’utilisation de technologie et de médias sociaux entraîne des modifications structurelles du développement du cerveau, autrement dit, que la taille et les propriétés physiques du cerveau sont modifiées.

La médecin-chef en psychiatrie de l’hôpital pour enfants de Boston, Massachusetts, la Dr Stacy Drury, a elle aussi mentionné les conséquences graves du manque de sommeil dans les situations où des enfants peuvent emmener leur smartphone dans leur chambre.

Quant au Dr Michael Rich, directeur du Digital Wellness Lab à Boston, il a illustré les résultats d’une utilisation extrême d’un smartphone: certains enfants parcourent avec leurs doigts sur l’écran du smartphone une plus grande distance qu’en se déplaçant à pied – 1,3 mile par jour!

Flux de dopamine dans le cerveau
Les toxicologues mettent en garde depuis longtemps contre les soudains flux de dopamine dans le cerveau (et leurs conséquences) provoqué par la prise en main d’un smartphone. Le nombre de fois où un smartphone est saisi est également alarmant, selon une étude menée par le Dr Mitch Prinstein. Les adolescents en sixième classe prennent en main leur téléphone en moyenne 100 à 400 fois – par jour! En nombre d’heures, ce chiffre représente en moyenne 8,2 heures, certains jeunes dépassant nettement cette durée!8

Pour le psychologue clinique et toxicologue James H. Winston, qui possède son propre cabinet à Miami Beach, en Floride, le potentiel addictif est tout simplement trop élevé. Il faudrait secouer les parents. Ces derniers ne donnent certainement pas de cocaïne à leurs enfants! Et personne n’installe une machine à sous dans la chambre de leur enfant. Le Dr Winston déconseille de donner un smartphone aux enfants avant l’âge de 14 ans. Son fils, présent au WEF à Davos, a constaté qu’il avait survécu à cette attente. Aujourd’hui, il se dit même reconnaissant envers son père. Il avait, à cette époque, acheté un appareil photo et s’était lancé dans la photo, occupation qui est devenue, dans l’intervalle, son hobby le plus important.

Recommandations de l’Association Initiative de protection

Smartphone

  • Ne donner en aucun cas un smartphone à un jeune de moins de 14 ans.
  • Jusqu’à 16 ans, les parents doivent diriger et contrôler de près les contenus accessibles aux jeunes.
  • Au plus tard à 20h00, les jeunes doivent remettre leur smartphone aux parents, qui placent l’appareil hors de la chambre.
  • Lors des repas, pas de smartphone placé sur la table.
  • Les parents donnent l’exemple en matière d‘utilisation.
  • Les jeux de société, la musique ou le sport remplacent le geste de prise en main d’un appareil électronique.

Médias sociaux

Jusqu’à l’âge de 16 ans au minimum, il convient de tenir les enfants à distance des médias sociaux tels que Instagram, Snapchat, TikTok, mais aussi WhatsApp, etc.

1 humanchange.com; y compris des vidéos des débats avec les intervenants.
2 Lanceur d’alerte: individu qui expose publiquement les irrégularités commises à son lieu de travail
3 Meta, autrefois le groupe Facebook, est une entreprise américaine basée en Californie. Les réseaux sociaux Facebook, Instagram et le service de messagerie WhatsApp en font partie.
4 Cybermobbing: harcèlement et diffamation de personnes sur Internet.
5 Sextortion: méthode de chantage par laquelle une personne est mise sous pression au moyen d’images ou de vidéos la montrant nue ou commentant un acte sexuel.
6 Prof. Gaia Bernstein: experte en droit de la protection des données et co-directrice du Gibbons Institute pour le droit, la science et la technologie,Seton Hall University, New Jersey/USA.
7 American Psychological Association APA, apa.org
8 https://www.apaservices.org/advocacy/news/testimony-prinstein-protecting-children-online.pdf

Ces dernières semaines, plusieurs parents révoltés ont rapporté à l’Association Initiative de protection l’enseignement d’une «éducation sexuelle» provocante dans les écoles de leurs enfants. Les critiques concernent surtout une association dénommée «Achtung Liebe» (attention amour). Des individus sans formation pédagogique expliquent à des écoliers des pratiques sexuelles «créatives», violant ainsi la pudeur de ces derniers.

L’Association «Achtung Liebe» est, selon ses propres informations, une organisation à but non lucratif ayant des antennes locales dans les universités de Bâle, Berne et Zurich. Tout étudiant de toute discipline et «motivé» peut
collaborer à l’association. «Initiative de protection – actualité» a soumis l’approche d’«Achtung Liebe» au professeur et expert réputé Jakob Pastötter, président de la Société allemande de recherche scientifique en sexologie, afin d’obtenir son avis. Son verdict est absolument négatif.

Violation des limites personnelles
Le prof. Pastötter relève tout d’abord le fait que les enfants ne sont pas capables de discernement, n’ont pas assez de recul et sont contraints de subir ces ateliers sur le sexe sans pouvoir s’y opposer. Les enseignants sont exclus des classes et les parents ne sont pas ou très vaguement informés. On assure aux enfants qu’ils se trouveront dans un espace sécurisé d’où rien ne filtrera vers l’extérieur. Une fois la porte de la salle de classe fermée, ces «éducateurs sexuels» sans formation ont alors carte blanche. Sans mise en garde, ils exposent les enfants à un langage pornographique et à un jargon d’adolescents, et parlent de sujets très intimes ressentis comme étant agressifs et humiliants. Selon le prof. Pastötter, c’est une approche extrêmement douteuse du point de vue pédagogique et psychologique. C’est une violation grave des limites personnelles. Le développement et la maturité des écoliers au sein d’une classe ne sont pas homogènes. Mais on postule néanmoins une «normalité» et une homogénéité dans toute la classe.

Purement idéologique, non scientifique
«Achtung Liebe» inculque aux enfants la dangereuse éducation sexuelle dite «intégrale» ou «holistique» (CSE)1 de l’OMS et les prétendus «droits sexuels» de l’IPPF3.

Cette idéologie sexuelle est fondée sur l’expression libre du plaisir sexuel dès la naissance. Autrement dit, tous les enfants ont le droit d’être instruits concernant les actes sexuels avec eux-mêmes et avec autrui! Il faut accorder ce droit à tous les enfants et adolescents, sans exception. «Achtung Liebe» propage ouvertement «la formation sexuelle», la «priorité au plaisir», l’orientation «féministe» et les interventions de «personnes LGBTQIA+*». Impossible d’être plus à fond dans l’idéologie! Mais: nulle trace d’amour véritable, de responsabilité, de famille ou de fidélité.

«Achtung Liebe» prétend diffuser des «informations scientifiquement établies». Selon le prof. Jakob Pastötter, cette association se pare d’un vernis scientifique illusoire et infondé servant uniquement les visées de ces idéologues. Les termes «éducation sexuelle» et «holistique» reflètent leur «délire d’accomplissement, mégalomanie, tyrannie absolue et manipulation psychologique». Faute d’études corroborant leurs affirmations, il est impossible d’étayer ces formes d’éducation sexuelle par la science. Il n’existe strictement aucune étude de longue durée à ce sujet.

Le prof. Pastötter rejette catégoriquement que «des adultes non qualifiés puissent bénéficier d’un passe-droit et se présenter face à des enfants et des adolescents pour les instruire concernant les choses les plus intimes qui soient et pour orienter cette intimité par la coercition dans une direction particulière». Si l’on examine les affirmations de ces éducateurs sexuels sous un «angle analytique», on est «choqué par l’aspect non scientifique de cette prétendue science» qui, selon le prof. Pastötter, n’est que de la «poudre aux yeux».

Il est important de présenter les faits véritables en fonction de l’âge, mais «allumer un feu d’artifice avec pour seul but l’imposition d’une idéologie est, au mieux, un non-sens, et au pire, l’acte d’un pyromane à l’égard des individus concernés et de l’ensemble de la société», affirme le prof. Pastötter. Ce n’est sans raison que la sexualité a toujours été encadrée par des normes et des prescriptions. Autrement, «elle se transforme en une sexualité prédatrice intéressée uniquement par l’autosatisfaction».

«Sans mise en garde, ils exposent les enfants à un langage pornographique et à un jargon d’adolescents, et parlent de sujets très intimes ressentis comme étant agressifs et humiliants»

Pourquoi nous, parents, permettons-nous cela?
La question se pose à nouveau: «Pourquoi, en tant que société, permettons-nous que des individus animés de motivations extrêmement douteuses et sans connaissances fondamentales sur la sexualité aient accès à des classes d’école» et soient même payés pour présenter «leurs délires»? Certes, leurs élucubrations remplissent les heures d’enseignement, mais «sont dépourvues de toute légitimation scientifique». Et le prof. Pastötter de conclure qu’une telle attitude n’est autre que du mépris pour l’humanité.

1 CSE: Comprehensive Sexuality Education
3 IPPF: International Planned Parenthood Federation